LE MONDE QUI BOUGE
http://www.mondequibouge.be/index.php/2006/01/pneus-degonfles-pubs-denoncees-ecrans-museles-actions-subversives-ou-salvatrices/

L'ÉCHO DES SAVANES

ET...
http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=36223#commentaires
http://www.zalea.org/fond.php?titre=soutien&cadre=200
http://www.surrealiste.org/modules/mylinks/singlelink.php?cid=6&lid=21
http://www.nostalgie.be/online/home/home.php?p=21&thr=246
https://www.letemps.ch/template/recherche.asp?page=rechercher&contenupage=identification&types=search&artID=153714
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/emissions/hasard/index.php?date_demande=20-02-2005&emission=50020132&affichage=fiche
http://www.parissi.com/mag/breves/index.php3?rub=/mag/breves&num=3429
http://www.latribuduverbe.com/cgi-bin/mt-comments.cgi?entry_id=3492
http://cetnia.blogs.com/d_lires/2004/11/ula_tlcommande_.html
http://chevaucheedesouzbeks.blogspot.com/

CQFD. N°23 du 15 mai 2005

ECOUTER :
"Le Fou du Roi" France Inter Lundi 2 mai 2005. Les Sans-cravates à l'antenne

Agitateurs professionnels contre les télés de la Fnac
Par Anne DEGUY
lundi 02 mai 2005 (Liberation - 06:00)

Ils s'étaient fait remarquer en mai 2001 pour tenter le sauvetage des Lofteurs Story. Ces Sans-Cravate sont encore partis à l'abordage de la télé. Leur cible 2005 : la Fnac. Leur motif : «Libérer les cerveaux». Leur arme : le TV B Gone, un porte-clés zapette universelle qui éteint à distance tous les téléviseurs (Libération du 6 janvier). En mars, des Sans-Cravate rencontrent Mitch Altman, le créateur américain de ce gadget. Quelques bières plus tard, c'est l'amour fou dans tout ce petit monde d'activistes. Les Français, non seulement, commandent cinquante zapettes, mais, surtout, ils décident de participer à la semaine américaine du «Turn off your TV» («Eteins ta télé»). L'assaut français a eu lieu à la Fnac parisienne du Forum des Halles, samedi.

15 heures, rayon télé. Comme des mômes lâchés dans le musée du Bonbon, Charlie, Gaëlle et Nathalie se délectent devant des dizaines d'écrans plats, ces LCD, plasma, home cinéma... Et hop! dans le noir, le Thomson à 2 499 euros ! Et hop! son frère à 499 euros... Zap, zap, zap, les trois Samsung, et paf le Pioneer en expo centrale... Les vendeurs contrôlent avant de rallumer les postes... et rezap le Thomson, et les Sony, et les Philips. Pendant vingt minutes, les Fnacmen travaillent à maintenir leur calme et l'allumage des écrans... A une cliente, un vendeur fait la promo d'une belle bête à 5 490 euros qui passe régulièrement de la couleur au black-out. 15 h 20 : les victimes ont pigé la farce. «Cela fait deux mois que tous les samedis, un type passe son après-midi à éteindre les postes, explique le plus impassible d'entre les vendeurs. Il est équipé d'un gadget qu'il a trafiqué pour éteindre toutes les marques.» Pourquoi ferait-il ça ? «Pour nous faire chier.»

15 h 45, le coupable est stoppé par les vigiles. Les vendeurs soufflent. Sauf que... zap X Files, paf ces montgolfières, bye-bye Nemo dans son aquarium à 1 690 euros... «Ils sont trente, j'abandonne», annonce un vendeur à un collègue. Les Sans-Cravate, effectivement trente, ont également envahi les rayons DVD, informatique, jeux, ils ont éteint quasi tous les écrans de démo de la Fnac. Au rayon télé, gardé par un très grand nombre de Men in Black, les clients ne sont plus que des femmes et des hommes de la sécurité qui jouent au client. 17 heures, les Sans-Cravate sont chopés et emmenés sans aucun humour vers la sortie. Derrière eux, des murs noirs et un vigile avec, accroché à son doigt, un TV B Gone... mais, autour du cou, une cravate.

Gadget. Intégré dans un porte-clefs, le TV B Gone américain éteint tous les téléviseurs.
L'exterminateur caché de l'image télé
Par Anne DEGUY
jeudi 06 janvier 2005 (Liberation - 06:00)

C'est une arme de destruction massive que Mitch Altman, ingénieur électronique de la Silicon Valley, a mise au point. CNN réfléchirait déjà à une technique pour contrecarrer ses attaques. Ce poison s'appelle TV B Gone (1) : une télécommande de poche pour éteindre subrepticement toutes les télés, quelle que soit leur marque, où qu'elles soient. C'est-à-dire, aux Etats-Unis, dans les laveries, les restaurants, les salles d'attente et de gym, les aéroports (où tous les postes sont propriétés de CNN), dans la cuisine, la salle de bains...

Rêve. L'idée d'une telle espièglerie surgit chez Altman un soir, avec des copains au bistrot. Tous ont les yeux rivés sur l'écran sans son. Conscients d'être happés par ces rayons muets, et non pas par les uns et les autres, ils rêvent à un moyen d'endormir cet hypnotiseur aussi «nocif que la fumée de cigarettes sur les fumeurs passifs» , selon l'ingénieur.

  En octobre 2004, Altman lance TV B Gone : les spécificités d'une zapette universelle intégrées dans un porte-clefs à 15 dollars pièce. Réellement multimarque, car, contrairement aux autres, dites one for all - «où il faut régler la télécommande sur le téléviseur ad hoc, selon une vendeuse télé de chez Darty, sinon, vous imaginez bien, tout le monde pourrait éteindre nos télés en démonstration» -, TV B Gone s'adapte, grâce à sa fréquence de 200 codes à infrarouge, dixit son inventeur, à plus de 1 000 types de téléviseur. Darty peut craindre le pire : le gadget - équipé des seules fonctions d'éteindre et d'allumer - existe en version normes européennes.

Quinze jours après le lancement de ce gadget sur l'Internet, les 10 000 exemplaires sont vendus. «Je n'avais pas prévu un tel engouement. Je me suis donc retrouvé pendant des semaines avec un stock vide, confie Mitch Altman. Je pensais que ce produit n'intéresserait qu'une poignée d'ados farceurs mais, tout de suite, il a été adopté par le grand public. Tant mieux, après cinquante ans de totalitarisme télévisuel, les gens commencent à remettre la télé en question.»

  Audace. Parmi ses adeptes : Jean Lotus, 39 ans. Cette mère de famille de San Francisco s'est servie de TV B Gone la première fois dans la salle d'attente du pédiatre, «une petite pièce avec plein de patients bien nerveux et un écran diffusant des infomerciales» , raconte-t-elle dans son mail. «Alors j'ai osé... Personne n'a râlé ! Même pas l'infirmière qui, après quelques secondes d'étonnement devant l'écran noir, s'est replongée dans son boulot.»

  Peter Altenberg, 40 ans, musicien et graphiste, explique pourquoi il est devenu accro à TV B Gone : «A chaque fois, j'ai l'impression de libérer des humains : j'éteins l'écran, et voilà qu'ils démarrent une activité, quelques secondes auparavant ils étaient en transe devant cette insipide lucarne lumineuse. Même mon fils de 7 ans trouve le jeu hilarant. Excepté la fois où, pour le faire sortir d'une boutique, j'ai éteint le poste devant lequel il était scotché.»

Les «victimes» cherchent la parade : «Dans certains lieux, on envisage la pose d'un cache sur le récepteur à infrarouge du téléviseur , raconte Altman. Pour ses téléviseurs dans les aéroports, CNN mettrait au point un système de contrôle signalétique propre qui se distingue de celui de TV B Gone.»

La chronique d'Eric Fottorino
Arrêtez la télé !
LE MONDE | 24.01.05 | 13h30

Non, notre but n'est pas de mettre au chômage technique notre confrère de rectangle Dominique Dhombres, qui veille (souvent bien tard) à l'intérieur de ces pages devant l'étrange lucarne. Ce qui nous amène, c'est une innovation marrante et assez gonflée qui aurait plu à Bourvil et au moqueur Mocky du temps où ils tournaient ensemble La Grande Lessive. Souvenez-vous, Bourvil, alias le professeur de lettres Armand Saint-Just, se désespérait devant ses élèves dormant en cours, les cernes creusés, après avoir gobé jusqu'à pas d'heure des programmes plus abêtissants qu'appétissants. Avec une escouade de courageux, Saint-Just et un acolyte tentaient de mettre au point une machination contre les antennes de télé. Mocky l'anar en guerre contre les nanars. Bourvil et Francis Blanche en Don Quichotte et Sancho Pança modernes. C'était du pur loufoque ! Pour eux, un écran ne méritait d'exister qu'à condition d'être comme un tableau : noir, dressé contre l'indigence cathodique.

C'est sans doute ce qu'a pensé Mitch Altman, un ingénieur en électronique de la Silicon Valley qui n'en pouvait plus de devoir parler plus fort que la télé dans son bistrot préféré. Et que dire, en Amérique, des écrans de télé dans le moindre fast-food, dans les salles d'attente des médecins, sans parler des murs entiers couverts de télés dans les lieux publics et grands magasins. D'où l'invention qui tue et fait trembler CNN : le TV-B-Gone, un appareil miniature de la taille d'un porte-clés capable de vous éteindre tous les téléviseurs à la ronde, même à travers une vitre... Appuyez, c'est facile. Le petit engin diabolique ne comporte qu'une fonction universelle : stop ! Au lieu d'être réglé pour un seul récepteur, il frappe à tout va, repérant les codes de plus de 300 marques de télés.

D'après les utilisateurs, l'opération marche en quelques secondes, 3 à 5 environ, 65 au maximum pour les appareils coriaces qui luttent contre cette paralysie garantie inoffensive. Une fois éteints, les postes peuvent bien sûr être rallumés. On imagine cependant le plaisir, voire le bonheur, des adeptes du TV-B-Gone quand ils inactivent soudain des écrans bourrés de films publicitaires qu'ils n'ont pas demandé à voir. Lancé aux Etats-Unis, déjà connu au Canada, vendu 15 dollars pièce, il paraît que cet appareil militant fait un malheur. Début janvier, quelque 10 000 exemplaires avaient déjà été vendus après le lancement sur Internet. Des slogans ravageurs antitélé accompagnaient ce nouveau-né, comme : "Vous êtes en train de fixer un meuble" ou "La télévision ne vous donne aucune expérience, elle vous en enlève"...

Sur un site canadien, une utilisatrice de Montréal, enchantée, appelle des complices désireux de former une escouade de TV-B-Goners afin d'aller couper le sifflet aux téléviseurs qui déversent leurs images là où on ne leur a rien demandé.

D'après La Tribune de Genève, qui a récemment présenté à ses lecteurs la "zapette tueuse", CNN prépare en secret une parade. Le grand réseau américain "mettrait au point un système de contrôle signalétique propre", capable de déjouer les plans de TV-B-Gone. Pourvu que ses ingénieurs ne trouvent pas trop vite ! On aimerait bien essayer rien qu'une fois, tiens, au Darty du coin.
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.01.05

Television

Anti-TV guerrillas wield their new zapper
Switch off and get a life say protesters armed with remote control device that can blank out sets from 45 feet
Owen Gibson, media correspondent
Monday April 25, 2005
The Guardian

TS Eliot once said that "television is a medium of entertainment which permits millions of people to listen to the same joke at the same time, and yet remain lonesome". He is not the only one who thinks so.

From today, a group of anti-TV guerrillas, as scathing as the poet about the influence of the small screen on society, plans to liberate people from its irresistible grip. They will be using a recently launched gizmo called TV-B-Gone to take direct action against television sets in public places.

The glorified remote control, about the size of a key ring, will switch off most television sets within a 45ft radius within 60 seconds.

The device will form the focus of TV-Turnoff Week, an annual protest against television's all-pervasive influence, which began in the US 11 years ago. Organised by the TV-Turnoff Network, White Dot and anti-consumerism group AdBusters, the protest has steadily spread to other countries including Canada and the UK.

The protesters plan to identify restaurants, pubs, bars and other public places they believe are ruined by the presence of a television.

They will then pay each one a visit and forcibly turn off their sets, leaving behind spoof menus and posters protesting about how the background hum of the television has replaced the art of conversation.

So doing, they hope to spark debate about the extent to which television has permeated our social lives.

"For most people, TV has become a default activity. If you're not doing anything else you tend to watch TV. People become very defensive when you challenge them about it. If you sleep for eight hours and work for eight hours, people give half the rest to TV," said David Burke, the founder of the UK arm of White Dot which is organising the protest on this side of the Atlantic.

The group - named after the light circle that appears on a screen just before it goes blank - has the motto: "Turn off that TV set, go outside and live!"

Mr Burke points to the rise in the last few years of so-called "ambient" forms of television advertising as evidence of a spreading epidemic.

Supermarkets, petrol stations and even hand dryers feature televisions, he says, so you can't ignore them even if you want to.

"Television companies are facing a real problem. You go to these conferences and they're terrified about losing 'eyeballs'. The language is actually of 'capturing eyeballs'. We're offering people the chance of liberation," he says.

Uphill battle

Mr Burke concedes that he's facing an uphill battle, given the extent to which television dominates conversation, the printed media and culture in general. However, despite the ongoing explosion in the number of channels available, the number of hours that the average adult spends watching television has actually gone down in recent years, partly due to the internet.

Mr Burke is keen to stress that White Dot is making no judgment about the quality of television, merely about the extent to which it has come to dominate homes, offices, restaurants and bars, and its detrimental effect on our lives.

"They're all minutes of our lives. You're devoting 10 to 12 years of your life to watching TV. What would you be doing with those 10 years otherwise? You would be talking to your kids or your partner. It's not a small thing," he says.

Mitch Altman, who spent two years inventing the TV-B-Gone device and distributes it through his own Cornfield Electronics company in San Francisco, said he came up with the idea on a night out with friends.

Typically, the group became entranced by a silent television in the corner of the restaurant they were in and he resolved to do something about it.

"I've been overwhelmed by the response. It's just amazing how many people have taken it up. It gave voice to a frustration that people didn't even realise they had.

"I see the TV being on or off as a personal choice," adds the 48-year-old, who is a self-confessed hater of "ambient TV", the kind of visual muzak often blasted over the airwaves in airport lounges, shops and waiting rooms. "I don't ever turn off TV that people are choosing to watch."

In the US, the movement has gained considerable momentum over the past 10 years. Embracing an unusual coalition of rightwing moralisers convinced that television leads to violence among children, health campaigners concerned about obesity and anti-globalisation protesters trying to temper the influence of media conglomerates, the campaign has become a well-organised fixture in the calendar.

Groups visit schools to encourage pupils to take part, volunteers leaflet establishments with televisions and the website includes academic studies purporting to show how television encourages violence and stunts academic achievement among children.

Mr Burke retains a sense of humour about the enterprise, but insists that he's deadly serious in his mission.

"I don't have as much pre-packaged fun as I used to," he says of giving up television. "But it turns out ordinary life is OK."

 

L'HUMANITÉ . 27 AVRIL 2005

TV va-t’en.
L’association White Dot, qui proteste contre la présence de la télévision dans les lieux publics, a présenté lundi en Grande-Bretagne une télécommande capable d’éteindre un poste dans un rayon de 17 mètres. Vendue sur Internet environ 20 euros, le TV-B-gone (TV va-t’en), lancée à l’occasion d’une Semaine antitélévision, serait efficace sur plus de 1 000 modèles de téléviseurs.